« J’ai commencé il y a trois ans… »
Vue de l’espace d’exposition à la Bibliothèque Universitaire de Santé à Nantes, 2020

« J’ai commencé, il y a trois ans, les recherches dont je publie aujourd’hui le résultat » sont les premiers mots écris par René Théophile Laënnec — en guise de préambule — dans son traité De l’auscultation médiate présenté à l’Académie Royale des Sciences et publié en 1819. Dans ce traité, il analyse et recense les différents bruits produits par les organes respiratoires et circulatoires de la poitrine de ses patients (la voix, la respiration, le râle, les battements du coeur et ceux de l’aorte) à l’aide de son invention : le stéthoscope. Ouvrage et invention emblématiques de l’histoire de la médecine, ils permettent d’établir que les bruits du corps se présentent comme des symptômes, à même de renseigner sur l’état du patient, à même d’être organisés et décryptés pour devenir des signes annonçant la maladie.

Ce sont ces mêmes mots que j’empreinte aujourd’hui pour introduire cette exposition, ayant moi-même commencé il y a trois ans, les recherches dont je publie aujourd’hui le résultat. Des recherches dont le point de départ (ou le point final) se révèle être le proto-stéthoscope de Laënnec : un cylindre formé de trois cahiers de papier battu, roulés et fortement serrés, maintenus par de la ficelle et du papier collé. En regard du livre Une généalogie des grandes oreilles (consultable sur place), l’exposition met en scène les stéthoscopes originaux de Laënnec. Par un jeu d’association, mêlant cette invention à des images imprimées et des objets tangibles, je propose de reconstruire des liens transhistoriques qui paraissent unir la médecine à l’art.

Exposition visible du 14 février au 14 mars 2020 à la Bibliothèque Universitaire de Santé de Nantes, réalisée avec le soutien de la Collection Laënnec.